Le seul moyen de prévention capable de limiter et, à terme, de prévenir l’apparition de la tremblante dans un troupeau est basé sur la sélection génétique d’animaux résistants. La résistance ou au contraire la susceptibilité des ovins par rapport au prion de la tremblante dépend d’un gène qui fabrique une protéine appelée la PrP. En fonction de la structure de leur PrP, on s’est aperçu que les moutons ne développaient pas de la même manière la maladie. Ce qui distingue ces différentes formes de PrP entre elles, c’est principalement la nature des acides aminés que l’on trouve aux positions 136, 145 et 171 et que l’on désigne sous leurs initiales (alanine (A), arginine (R), glutamine (Q), valine (V)). L’allèle de résistance à la tremblante est l’allèle ARR. Les animaux homozygotes ARR/ARR sont protégés de façon quasi absolue contre la tremblante. De plus, les animaux porteurs d’au moins un allèle ARR sont semi-résistants à la maladie. Dans ce cas, la multiplication du prion est très lente, elle se limite au système nerveux, et le prion n’est pas détectable avant l’apparition de signes cliniques.
Au contraire l’allèle VRQ correspond à une hyper-sensibilité à la tremblante. Lorsqu’ils sont contaminés par le prion, les moutons qui sont homozygotes VRQ/VRQ développent rapidement la maladie et on retrouve des traces détectables de prion dans de nombreux organes de l’animal tout au long de l’incubation de la maladie. Les animaux homozygotes ARQ/ARQ sont relativement sensibles à la maladie. L’emploi de béliers ARR/ARR constitue donc une mesure fondamentale de maîtrise de la tremblante qui permet de réduire et, en fonction du renouvellement des brebis, de prévenir à terme l’apparition de la tremblante dans un troupeau. Cette apparition entraîne des conséquences réglementaires très lourdes, notamment abattage et destruction des animaux sensibles, destruction du lait en élevage laitier et restrictions de circulation. De plus, l’emploi de béliers ARR/ARR permet de garantir la sécurité du consommateur en termes de risque potentiel du prion. C’est pourquoi il est important de connaître le génotype des béliers de l’élevage et de pouvoir le cas échéant se procurer des béliers résistants. Les éleveurs sélectionneurs des différentes races ont sélectionné des béliers résistants dans le cadre du Programme National d’Amélioration de la Résistance à la Tremblante.
Plusieurs hypothèses sont envisageables. Il conviendrait de regarder si les agneaux touchés correspondent plutôt à des lots d’élevage ou à des lots d’abattage, pour cerner l’origine la plus probable.
Il peut s’agir d’ecchymoses, suite à des problèmes rencontrés lors de la période de pré-abattage : contusions liées au piétinement des animaux entre eux dans le camion, chocs, manipulations brutales lors du chargement ou du déchargement du camion, voire en bergerie d’abattage, mauvaise prise des animaux, empoignade par la laine par exemple.... Une prise de pH musculaire 24 heures post-mortem aurait peut-être permis de savoir si les agneaux ont été abattus en état de stress ou non.
Il peut aussi s’agir d’un problème d’électronarcose, si les défauts sont toujours disposés de manière symétrique de part et d’autre de la colonne vertébrale. Des problèmes de ce type ont été rencontrés dans certaines entreprises, sur des agneaux prédisposés et/ou avec un mauvais réglage de la pince et/ou une utilisation sur le dos au lieu de la tête : des rougeurs apparaissent et suivent la colonne vertébrale et les côtes, parfois jusqu’aux gigots. Il pourrait s’agir d’une trop grande intensité avec un dérèglement de la puissance de l’appareil, surtout si plusieurs animaux qui se suivent sur la chaîne d’abattage sont touchés. Mais, des pétéchies en grand nombre peuvent aussi se rencontrer avec une faible intensité.
Un éventuel problème de dépouille pourrait également être en cause, mais les avis sont plus partagés sur le sujet (il n’y a plus de circulation sanguine, donc plus de pression sanguine trop importante...). Il conviendrait de vérifier le réglage de la machine à dépouiller, de regarder s’il s’agit d’un modèle Dijon et de s’intéresser aux rouleaux latéraux. Si cette hypothèse est la bonne, le problème devrait être très répétitif dans l’abattoir.
Un problème en élevage n’est pas non plus à exclure : maladie de peau, type gale, prurit permanent... où l’animal se frotte en permanence à cause des démangeaisons ; appareil mal réglé (par exemple des rouleaux très serrés pour séparer les agneaux des brebis lors de la distribution du concentré en libre service) ; réaction de peau à un traitement médicamenteux ; éventuelle réaction alimentaire de type intoxication ? Dans tous les cas, il serait utile de faire un tour en élevage : l’éleveur ou les éleveurs peuvent avoir remarqué quelque chose, ou au contraire ne pas être au courant des problèmes, d’où l’intérêt d’attirer leur attention sur le sujet.
Pour finir, nous profitons de l’occasion pour souligner l’intérêt que nous voyons à accompagner les demandes d’expertise d’une photographie : il est toujours plus facile de tenter un diagnostic après avoir constaté de visu le défaut touchant la carcasse ou la viande, que sur la seule base de descriptions écrites ou orales par des tiers...